Le début d’une grande aventure…
« Rendez-vous samedi au club, on fait un tour, je te montre les avions et les bureaux, et on va voler une heure… »
Parfait me dis-je, c’est exactement le programme que j’avais en tête.
J’arrive au club en avance, j’en profite pour aller jeter un oeil à la piste et aux hangars, ou se pressent quelques pilotes.
Pour la dernière fois je l’espère, j’observe la piste du coté des badauds, si tout va bien, dans les semaines qui viennent, je vais franchir le cap, et passer enfin ce grillage frustrant pour arpenter le tarmac.
Samedi 15h30 : Trés mauvais temps, je regarde les METAR avant de partir à mon rendez-vous, plafond à 600 ft, vent de 20 kts.
En arrivant sur place, cela se confirme, le vol ne se fera pas…
Pas grave, on fait le tour des locaux, du simu, des avions, on discute, je pose quelques questions sur le fonctionnement du club, les réponses que j’obtiens collent à les attentes, parfait…
Même si je ne l’avoue pas encore, cette fois, j’en suis intimement convaincu, je me lance, c’est certain.
Cependant, n’ayant pas volé depuis longtemps, je préfèrerais refaire un petit vol avant de signer mon chèque d’inscription. On jette un oeil à la météo pour le lendemain, on vérifie les dispos des avions, tout se présente plutôt bien.
Rendez-vous est pris pour le lendemain 13h30.
Dimanche 12h45 : je reçois confirmation que le vol prévu à 13h30 peut bien s’effectuer, conditions MTO moyennes mais en cours d’amélioration.
Arrivée sur le terrain, le hangar est grand, mais il est plein à craquer, notre avion (un DR400 : F-GLVF) est tout au fond. On sort 3 autres zincs pour extraire le notre.
C’est ma première « prévol », mais cette fois ci, je suis encore « spectateur », même si je suis invité à suivre assidûment les vérifications d’usage.
On embarque, le vent est de 16 Kts, 340°, assez fort, mais de face, tout est OK.
Je sens tout de même une petite boule dans le ventre, pas vraiment une peur, mais une légère appréhension.
Je suis assez serein, mais un peu stressé tout de même…
Bien le bonjour à Mme la contrôleuse:
Roulage jusqu’au point d’arrêt de la 34 pour vol local, tour de Lyon.
Essais moteur, autorisation de la tour, c’est parti.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas volé (je ne l’ai d’ailleurs fait que très peu sur des avions de tourisme, plus habitué des vols commerciaux), on décolle très vite (vent de face assez fort), je prend mes repères, je découvre Lyon vu du ciel (que je n’avais jamais vu que lors de décollages / atterrissages à St-Ex), le temps se dégage, ciel bleu, parsemé de quelques nuages.
Nous montons progressivement, je suis épaté par le nombre de piscines aperçues en allant vers le point NW… On discute beaucoup, je pose quelques questions, mais pas trop je ne sais pas si en avion, on a le droit de « parler au chauffeur » et je ne veux pas le déconcentrer.
Le chauffeur en question est plutôt bavard lui, et prend le temps de m’expliquer beaucoup de choses.
Nous arrivons dans une zone ou les nuages jusqu’alors bas et épars commencent à se devenir nombreux, petite séance de slalom entre les nuages aux alentours de 5000 ft.
Je connais bien la région « vue du sol », mais je commence à être un peu désorienté, on approche de Brindas, là je reconnais, puis Givors, puis rapidement on vire vers le N/NE pour reprendre la direction de LFLY.
On me propose de prendre les commandes : « bien volontiers… »
Je suis surpris par la sensibilité de la bête: le moindre déplacement du manche de quelques millimètres et l’avion monte ou tourne, je ne m’attendais pas à cela. Quelques minutes s’écoulent, le temps de prendre mes repères, et je maîtrise déjà mieux l’engin, j’arrive à stabiliser la trajectoire, malgré un vent assez fort.
Contact avec la tour au point d’entrée S, « rappelez verticale tour », ok…
Je rends les commandes à mon chauffeur qui commence son entrée dans le circuit, cette fois-ci tout semble aller très vite, à peine le temps de me rendre compte que nous sommes en finale, et nous voilà posés, un atterrissage parfait d’ailleurs, rien senti…
A l’arrivée, petite remarque de la contrôleuse :
- « Je viens d’avoir St-Ex, vous êtes montés un peu haut à tel endroit (NDLR : je n’ai plus le nom du lieu en tête), faudra pas recommencer.. »
- « Ok, désolé, on refera plus.. » .
Mon chauffeur, trop occupé à me montrer son bel engin, et le paysage qu’on avait sous les fesses a laissé son avion monter un peu haut, et on était plus que limite par rapport à l’altitude autorisée dans la zone…
De retour au hangar, sensation particulière, la joie et le confort ont vite surpassé la petit appréhension du départ.
Cette fois c’est sûr, je m’inscris pour le PPL !
Ma formation doit débuter dans les semaines qui viennent.
A suivre ici : tout le périple d’un jeune pilote (jeune, parce que débutant, mais pas forcément peu agé pour entreprendre cette formation.)
A très bientôt donc…