Premier voyage en solitaire

Et voilà, ça y est c’est fait !

Première Nav solo effectuée ce week-end, avec une météo assez moyenne à mon goût pour un premier voyage solo, mais finalement tout s’est bien passé.

La visibilité est bonne, le plafond aux environs de 4 000 ft QNH, le vent est calme sur le terrain.
Je prends les NOTAM, METAR et TAF des terrains situés à proximité de mon parcours, je fonce à l’avion, je m’installe et je me concentre.

Pas de difficulté particulière à priori sur cette nav, mais je crois que ma principale crainte est de me perdre ou de ne pas trouver le terrain…

Départ de Lyon aux alentours de 13:00, direction Bourg en Bresse, le plafond est assez bas, je transit donc à environ 2 500 ft QNH, les nuages sont stables pas de pluie, pas de vent, pas trop de turbulences.

Le trajet se déroule sans encombre, l’arrivée sur Bourg en Bresse est assez propre à mon goût, verticale terrain, report pour la vent-arrière 36, intégration, posé, freiné, impeccable.

Je me dirige donc vers le parking club pour obtenir le coup de tampon magique qui attestera de mon passage sur ce terrain du bout de monde.

C’est la première fois que je me pose et m’arrête sur un terrain autre que le mien, et je ne suis pas du tout sûr de moi, lorsqu’il s’agit de trouver un emplacement pour stationner…

Pas trop de monde (c’est un euphémisme) sur la plateforme, je me pose donc à un endroit ou j’estime que je ne gêne personne, puis je vais chercher une âme charitable qui voudra bien apposer son sceau sur mon carnet de vol.

C’est chose faite en quelques minutes, puisqu’en pénétrant dans les locaux de l’aéroclub, je trouve immédiatement une personne disponible, et très sympa qui accepte de certifier mon passage.

A peine 10 minutes de pause, me voilà de nouveau prêt au départ, cette fois-ci direction Chalon-sur-Saône.

Le vent est toujours calme, le plafond toujours assez soudé remonte un peu et me permet d’envisager une branche à 4 000  QNH.

Quelques minutes après le décollage je croise (de très près) un vol parfaitement désorganisé de plusieurs dizaines de cigognes, petite frayeur, coup de manche, le troupeau passe en bout d’aile, sans dommage, petite suée…

Je reprends mon cap, direction Chalon,ce que je craignais n’arrive pas, pas le temps de se perdre, j’aperçois de très loin le terrain de Chalon.

Je contact l’AFIS, et j’apprends (nouvelle difficulté) qu’il y a des parachutages en cours. N’ayant jamais eu l’occasion de m’intégrer sur un circuit avec parachutage, j’hésite un peu puis n’étant pas sûr de moi, je demande des infos à l’AFIS, qui m’indique qu’il n’y a aucun problème, je n’ai qu’à m’intégrer normalement, en évitant simplement la verticale terrain. Trop facile..

Curieusement, le vent qui était calme et orienté au nord nord-ouest depuis le début de mon trajet est ici installé du 260°, à 16Knts.

Je m’attendais donc à utiliser la 34, alors que c’est la 17 qui est en service.

Atterrissage donc, avec un léger vent de travers, je n’ai pas l’habitude de cette situation à Bron, où le vent est quasiment tout le temps dans l’axe de la piste.

Petit décrabé improvisé à partir de ce que j’ai pu lire dans la littérature spécialisée, je me retrouve dans l’axe au moment de toucher, parfait, je m’en sors pas trop mal.

A Chalon, il n’y a qu’un seul taxiway, je me dirige donc vers le bureau de piste, ou j’acquitte ma taxe d’atterrissage (8 euros) et fait tamponner une nouvelle fois mon carnet de vol.

Surprise : un magnifique avion est stationné sur la parking, mais je ne sais pas de quel modèle il s’agit:

Je repars en remontant la piste puisqu’il le seul taxiway existant débouche en bout de 17, je m’aligne, mise en puissance, sensation étrange de vibrations inconnues jusque là.

Petite hésitation, je diminue la puissance, puis je remets les gaz à fond, la vibration réapparait, mais tous les instruments sont OK, j’en conclus donc, que la situation est normale pour  un décollage avec un vent de travers, en effet dès que mes roues quittent le sol, je me retrouve très vite déporté hors de l’axe, la rafale était assez forte, me voilà de nouveau dans l’axe, situation contrôlée.

Je quitte la fréquence, remercie l’agent AFIS de service (charmante), et reprends ma route vers Bron.

J’ai la surprise de voir arriver en face de moi un autre appareil quelques centaines de pieds plus bas, pile dans l’axe, je me déroute légèrement à droite, puis monte un peu pour creuser l’écart qui était entre nous, l’autre appareil n’a semble-t-il pas réagi, je me demande même s’il m’a vu passer.

Cette dernière branche est assez longue, (une heure), mais ne présente pas de difficultés particulières, pas de relief, pas de ZRT / ZIT à éviter.

Après m’être annoncé, je veille la fréquence Lyon info, (135.2) je ne serai dans l’espace contrôlé que d’ici 25 Nm. 

Le contrôleur et un pilote ont discuté pendant plus de 20 minutes, malheureusement le pilote ne parlait pas un seul mot d’Anglais.
Catastrophique…
Le contrôleur a su rester Zen, mais je me demande encore comment il a fait.

Le pilote ne comprenait aucune instruction, ne collationnait rien, ne répondait pas quand on l’appelait, je n’imaginais même pas cela possible…

Plus de 20 minutes d’échanges sans queue ni tête, de malentendus et de quiproquos pour statuer en tout et pour tout sur :
- Qui êtes vous
- D’où venez vous
- Ou allez vous
- De quelle manière souhaitez vous y aller.

Heureusement que la fréquence était calme par ailleurs, parce que ce brave pilote accaparait 100% de la disponibilité du contrôleur…

Arrivée à Bron, intégration en vent arrière 34, approche propre, touché doux, home sweet home…

Concernant cette première expérience, je suis comblé, très satisfait de la manière dont se sont déroulées les choses, rassuré, car finalement c’est plus simple que ce à quoi je m’attendais, bref, j’attends avec impatience la prochaine, la dernière de mon cursus de formation, puisqu’avec cette nav de 150 Nm, je vais pouvoir postuler au test pratique PPL.

Finalement, tout s’est bien mieux déroulé que ce que je pouvais imaginer. Pas de frayeur, pas d’égarement.

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