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Une belle frayeur…

Comme je l’expliquais dans ce billet, je me suis fait ma première vraie frayeur ce samedi en tour de piste solo.

Après une petite séance en doubles commande pour rependre mes marques après 4 mois sans voler, mon instructeur m’a propsé de faire quelques tours tout seul, je n’ai pas su refuser.

Il y avait vraiment beaucoup de monde dans le circuit, à un tel point que :
- 4 ou 5 avions qui étaient en tour de piste (dont moi), ce sont retrouvés contraints d’aller faire des 360° à proximité du terrain.
- 5 ou 6 avions se sont vu refuser temporairement l’accès à la CTR.

Bref, je crois que depuis que je vole sur la plateforme, c’était la journée la plus chargée que j’ai connue.
On sentait que le contrôleur plein de bonne volonté essayait de faire au mieux, mais malgré tout, je l’ai senti un peu dépassé par les évènements.

Après quelques ronds au dessus de l’eau (4 ou 5 360° pour patienter au dessus du grand large) , me voila donc autorisé à réintégrer le circuit.

Je suis en vent arrière, j’entends le contrôleur autoriser un biréacteurs assez imposant à s’aligner.
Ce faisant, le même contrôleur me demande de prolonger la vent arrière pour laisser passer une arrivée IFR.
Finalement il change d’avis et me demande de virer immédiatement en base. Je collationne et j’exécute.

Me voilà donc en finale assez longue, je m’annonce et constate qu’au loin, le biréacteur est toujours aligné, mais pas autorisé à décoller.
Quelques secondes s’écoulent, je me rapproche lentement mais surement, et voyant que la piste est toujours occupée, je me ré-annonce en finale, pour être sûr que le contrôleur ne l’ait pas oublié.
Il confirme : « poursuivez et rappelez en courte ». Je collationne et j’exécute.

Mon prédécesseur est toujours aligné, et il reçoit l’autorisation de décoller. Je pense donc que la piste va se dégager très vite.
Cependant, avant de mettre les gaz, il reprend contact avec la tour pour avoir une information supplémentaire et ne bouge pas.
Me voila en courte, avec cet avion devant moi, la fréquence occupée, et de gros doute sur la meilleure solution pour laquelle opter.

La remise de gaz me semble inévitable, mais sachant que mon prédécesseur est autorisé à décoller, je sais parfaitement qu’il m’est impossible de remettre les gaz dans l’axe.
A ce moment, le contrôleur s’aperçoit de son erreur et de mon manque de réactivité.

Je suis en très courte, il me demande de faire une remise de gaz, et de virer à droite pour passer au dessus de la tour.
J’exécute instantanément, mais un peu tard…je suis à moins de 100ft /sol, à quelques dizaines de mètres du biréacteur qui est maintenant plein gaz pour décoller mais n’a pas encore bougé, et je me fait très violemment secouer par le souffle de ses réacteur à pleine puissance.
Ayant déjà entrepris mon virage à droite, je ne reçois qu’une infime partie des turbulences de réacteur, puisque très vite je quitte l’axe et me dégage de son souffle, mais j’ai tout de même le temps de constater que c’est extrêmement violent !

Me voilà donc en remise de gaz entrain de monter au dessus de la tour comme demandé, mais j’y rencontre deux aéronefs en attente, je me faufile entre eux, et demande rapidement à croiser les axes pour réintégrer le circuit. Je vire en base rapidement, et me prépare à faire un complet pour rentrer souffler un peu, puis finalement, le plaisir étant trop intense après 4 mois sans voler, je repartirai tout de même pour un tour supplémentaire.

La morale de tout cela :
1 – Le contrôleur a commis une grosse erreur.
2 – J’ai bien vu que la piste était occupée, mais je n’ai pas su quelle option prendre.
3 – A cause de mon inexpérience, je n’ai pas osé quitter l’axe et faire ma remise de gaz en passant au dessus de la tour (pour moi, une remise de gaz, c’est dans l’axe) , et le contrôleur m’a proposé cette option (la meilleure), bien trop tardivement.
4 – Je n’ai pas anticipé une seul instant, le fait que j’allais me retrouver dans le souffle violent des réacteur de mon prédécesseur.

Bref, je m’en sors très bien, je n’ai pas du tout paniqué sur le coup, c’est à froid que je me dis qu’en fait, la situation n’était pas terrible du tout, et que cette première remise de gaz « pour de vrai », même si elle a été concluante, s’est déroulée dans des conditions pas très académiques.

Rien de grave donc, c’est comme cela que l’on progresse, et cette petite frayeur m’aura appris énormément de choses :
1 – Ne pas faire une confiance aveugle au contrôleur, lui aussi il peut se tromper…

2 – Appréhender plus rapidement les situations difficiles et leur résolution, quitte à interrompre des communications radios en cours pour demander de l’aide.

3 – Attention, les gros jet, ca souffle fort, très fort…

Et vous, vous vous êtes déjà fait peur aussi ?